MARIAGE GAY

Le mariage gay à travers le monde

Homosexualité dans l’histoire

L’homosexualité n’est plus tabou en Occident, retour dans le passé et les étapes traversées par les gays au travers les âges pour prendre une place dans le monde.

Homosexualité dans l'histoire

L’homosexualité n’est plus depuis plusieurs années un tabou en Occident. Acceptée, la communauté gay a dû militer avec hargne pour qu’enfin, on la reconnaisse comme une part intégrante de la société. Même s’il reste encore du chemin à faire pour que ceux-ci aient accès aux mêmes droits que leurs acolytes hétéros, notamment concernant la question du mariage civil en Occident, ou l’acceptation de l’homosexualité dans certaines régions du globe, on peut tout de même affirmer non sans fierté que les gays ont réussi à faire avancer les mentalités et ne sont pas loin de toucher leur objectif suprême, celui d’être accepté à part entière dans la société et d’être reconnu comme des citoyens à part entière.

Combat de tous les instants, dans le passé et encore aujourd’hui, l’homosexualité fut longtemps cantonnée comme un fait social à part, que l’on voulait ignorer, voire condamner.

La Grèce antique fut souvent prise en exemple de la tolérance envers les gays. Pourtant, la réalité fut bien plus complexe que cela, et il serait bien rapide de parler d’étapes successives de régression et d’ouverture des pensées dans l’histoire gay.

Faire le point sur les étapes qu’ont traversées les gays à travers les âges est indispensable pour cerner aujourd’hui la place des gays à travers le monde. 

Dans l’antiquité et la mythologie 

L’homosexualité durant l’Antiquité fut longtemps tolérée pour des raisons sociales plus que personnelles. C’est en Grèce que cette acceptation fut la plus parlante. On dénotait alors deux cas de figure, chacun répondant à des codes précis, et ne découlant pas forcément d’un attrait physique et sentimental envers une personne d’un même sexe, mais plutôt de règles sociales et de rites d’initiation.

Dans certaines sociétés grecques antiques, l’homosexualité était avant tout initiatique, et ne répondait pas forcément à un attrait physique ou sentimental personnel.À Athènes, le maître, d’âge mûr, devait initier à la vie et aux plaisirs son élève, un jeune adolescent, notamment à travers la pédérastie. Il est important de notifier que la pédérastie n’est pas synonyme d’homosexualité, mais répond à des données bien plus complexes. Le maître pouvait disposer à Athènes d’un jeune garçon imberbe pour son service personnel, et pour l’instruire sur les choses de la vie. L’élève devait se montrer passif, seul le maître devait diriger l’acte sexuel, car son rôle était avant tout de montrer et non pas de partager le plaisir. Les rapports sexuels entre hommes étaient donc tolérés, et même parfois obligés, car ils rentraient dans un processus social.

Qu’entendons-nous par processus social ?

Dans une société qui se voulait réfléchie, le plaisir charnel n’était pas tolérable avec la femme, qui se cantonnait seulement à des utilités biologiques (donner la vie) ou politiques et économiques lors de mariages arrangés. Les Grecs pensaient donc que le plaisir ultime et noble ne pouvait se partager qu’entre hommes, la femme n’étant qu’un  » outil  » et non pas considérée comme un être intelligent et égalant les hommes. Il était donc courant et accepté à l’époque que l’homme mûr initie au plaisir un jeune homme, en partant dans l’optique qu’il n’en aurait pas avec une femme.

Dès que le jeune élève devenait un homme, il ne pouvait plus avoir de relations sexuelles avec son maître. De même, il était intolérable pour l’époque que le jeune élève devienne actif lors de ses rapports intimes avec le maître. Les relations charnelles étaient donc tolérées comme un rite initiatique pour les jeunes adolescents, mais l’amour entre deux hommes ne l’était pas.

Il en était de même dans certains corps de l’armée antique, notamment à Sparte.
Les techniques de combat étaient basées sur un système de confiance, chaque soldat devant protéger le combattant placé à sa gauche. De ce fait, on encourageait vivement les rapports intimes entre compagnons, ceux-ci étant jugés comme le plus à même de tisser des liens étroits et de connaître l’autre, pour ainsi mieux se fier à son jugement lors de combats. L’homosexualité était donc plus une affaire de cause plutôt qu’une affaire de goût, une affaire spirituelle et stratégique plus qu’une affaire d’amour ou physique.

Selon certains documents retrouvés, les Pharaons de l’Égypte ancienne auraient également disposé de jeunes hommes pour leur service personnel sans que cela soit critiqué, et qu’au Japon, l’homosexualité fut fortement conseillée chez les Samouraïs, se basant sur le même principe de confiance et de connaissance de l’autre qu’à Sparte.

Cependant, ces données restent floues. En effet, les évolutions des civilisations les amèneront à reconsidérer les rapports entre hommes, et souvent, à les condamner et à en effacer toutes traces dans leurs anciens écrits.

Il ne faut pas oublier non plus que l’homosexualité à sa place dans la mythologie et même dans la Bible, notamment avec la destruction de la ville de Sodome (où les habitants se livraient fréquemment à des actes sexuels entre hommes). Le combat acharné entre les dieux grecs Zéphyr et Apollon qui se battaient pour l’amour du spartiate Hyacinthe (qui finit par être tué par son premier amant) est également connu comme un exemple de l’homosexualité à travers les mythes antiques. Zeus et son amant Ganymède font également figure de proue dans cette démonstration de l’amour entre deux hommes dans la mythologie. 

Dans l’époque moderne 

Cependant, la domination d’une bonne partie de l’Europe et du pourtour méditerranéen par les Romains, puis la venue et l’expansion du Christianisme vont changer la donne. L’empereur Constantin (274-324) qui fait de la religion promulguée par Jésus-Christ la religion officielle de l’Empire édite des lois pour réprimander l’homosexualité, alors considérée comme un crime contre la dignité humaine et contre-nature. Les Empereurs qui suivront comme Théodose (379-395), ou Justinien (527-564) endurciront encore plus ces lois, en condamnant au bûcher les hommes reconnus coupables d’avoir des relations avec d’autres hommes.

Lorsque l’Empire romain sera démantelé, les nouveaux royaumes qui se mettront en place durant le Moyen âge continueront de durement réprimer les actes homosexuels. Prisons, sévices corporels (fouet, torture.), et même condamnation à mort n’auront de cesse de rabaisser l’homosexualité et de plonger les homosexuels dans une marginalisation toujours plus grande.

Parfois, l’excuse de l’homosexualité est prise à défaut pour justifier des actes politiques barbares, notamment l’exécution massive des chevaliers de l’Ordre des Templiers au XIVe siècle ordonnée par Philippe le Bel.

Tous ceux soupçonnés de rapports intimes avec un autre homme sont durement condamnés. Même les Rois ne passent pas au-dessus de ces lois et de ces préjugés. Le roi anglais Edouard II sera écarté du trône et sauvagement assassiné à cause de sa liaison avec son valet.

Il faut attendre le XVIIIe siècle pour que la situation évolue. L’époque des Lumières avait déjà amené un lot de questions sur la table sociale et politique. L’homosexualité ne reste cependant murmurée qu’à demi-mot. Avant de se pencher sur son cas, on désire tout d’abord se pencher sur l’avenir de l’état.

C’est au lendemain de la Révolution française que les lois sont révisées. L’amour entre hommes n’a jamais été pris à partie dans la chasse menée pendant des siècles contre les homosexuels. Il semblerait plutôt que ce soit la sodomie qui fut citée dans les lois et condamnée. La première assemblée constituante ne cite plus la sodomie comme un crime coupable de mort. Mais le chemin reste encore à faire. Les homosexuels, alors surnommés sodomites, sont tout de même condamnés à diverses punitions selon les régions : travaux forcés, lourdes peines de prison. Leur penchant sentimental et sexuel pour d’autres hommes reste encore confiné pour beaucoup à l’idée de maladie mentale et de perversion.

Alors que des hommes de lettres tentent d’ouvrir les mentalités sur la question de l’amour entre deux hommes, comme le poète Rimbaud, ou l’écrivain anglais Oscar Wilde qui fut emprisonné pendant deux ans, la situation connaît encore de nombreux hauts et bas. Dans certains pays, les peines se minimisent, dans d’autres, la tension est palpable. Sous la pression, de nombreuses personnalités accusées d’être homosexuelles se suicideront, comme l’homme d’affaires allemand Fritz Krupp en 1902, ou encore le roi Louis II de Bavière, mort dans des circonstances floues en 1886 et écarté du trône pour cause de folie (il était homosexuel refoulé).

Au XXe siècle, une nouvelle épreuve attend les homosexuels au tournant. La montée du nazisme puis la guerre menée par Hitler en Europe auront encore une fois raison du combat mené par les homosexuels. Envoyés dans des camps de concentration, ils sont maltraités par les autres prisonniers, qui les reconnaissent grâce au triangle rose qu’on leur appose sur leur vêtement. à la fin du conflit, un vent de liberté souffle sur l’Europe, et les homosexuels sentent la brise de leur acceptation souffler. Mais certains régimes ne resserreront que plus les punitions à l’égard des gays, notamment le régime du dictateur Franco en Espagne, et celui de Staline en URSS, et les préjugés demeurent.

Il faut attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour que les gouvernements prennent au sérieux le cas des homosexuels. En 1973, l’homosexualité est retirée de la liste des maladies psychiatriques aux États-Unis. De nouvelles lois ou la modification d’anciennes lois sur la sodomie voient alors le jour. Les mentalités évoluent et les moeurs aussi. Durement affectés par la guerre, les pays d’Occident cherchent à s’amender de tout contrôle religieux ou idéologique contraire aux droits de l’homme. Ainsi naîtront dans la fin des années 90 les premières lois permettant aux gays de se marier civilement.

Malgré l’évolution significative du regard des gouvernements et des personnes sur les gays, beaucoup de choses restent encore à travailler. Dans certains pays, les relations intimes entre hommes sont encore passibles de mort, ou de prison à vie, sans oublier les humiliations et les tortures. Même en Occident, où les gays se sont parfaitement intégrés à la société, ou plutôt devrions-nous dire, que la société a enfin accepté les gays, la situation reste encore bancale. De nombreux préjugés demeurent, et certains cas de persécutions et d’agressions à caractère homophobe sont encore répertoriées.

Il n’y aura que le temps et la persévérance des homosexuels et des hétérosexuels soudés ensemble qui permettront de faire avancer les choses. Même si la colère et la frustration reviennent souvent sur le banc des plaintes gays, il faut tout de même comprendre que l’humanité a fait un pas et un effort non négligeable pour comprendre son acolyte gay et l’accepter. Sans vouloir excuser certaines attitudes, une constante demeure cependant et est un point important à ne pas négliger : les croyances sur lesquelles sont basées nos sociétés restent encore profondément ancrées dans la tête des gens, et il n’y aura que le temps et l’ouverture d’esprit qui permettront un jour de faire basculer la balance en faveur des gays. En clair, la majorité des personnes ont été formatées par des institutions et n’ont quelque part qu’une vision de l’homosexualité. Même s’ils tendent à élargir cette vision, les homosexuels doivent laisser le temps et la question germée chez les hétéros. Parce que la réalité est là qu’on l’admette ou non, l’homosexualité est présente et tolérée, mais pas encore acceptée. Il faut laisser le temps faire avant tout son travail, pour qu’un jour les homosexuels soient acceptés à part entière, et qu’il en découle une égalité au sens noble du terme entre les hommes.

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